Campus numérique de médecine d'urgence

samedi 7 janvier 2017, par Dr Romain Jouffroy, Yves Benisty

 Description

N-(2,6-Dimethylphenyl)-N2,N2-diethylglycinamide chlorhydrate (1:1)

 Classe

- Anesthésique local (famille des amino-amides)

- Anti-arythmique (famille Ib dans la classification de Vaughan-Williams).

 Pharmacodynamie

- Activité anesthésique locale

- Agit en bloquant la conduction nerveuse en bloquant le canal sodique. Touche en premier les fibres neuro-végétatives, puis les fibres sensitives (thermoalgiques, propioceptiques, épicritiques), puis les fibres motrices.

- Système nerveux central

* À faible dose (concentration plasmatique < 4 mg/L) : analgésie, action anti-convulsivante.

* À dose moyenne (concentration plasmatique < 8 mg/L) : confusion, délire, céphalées, logorrhée, tremblements, convulsions.

* À forte dose (concentration plasmatique > 8 mg/L) : arrêt respiratoire, coma.
Les premiers signes de surdosage sont habituellement des bâillements, une logorrhée, des bourdonnements d’oreille, un goût métallique dans la bouche.

- Cardio-vasculaire

* Anti-arythmique (famille Ib dans la classification de Vaughan-Williams).

* À dose faible, diminution de l’excitabilité ventriculaire.

* À dose élevée, effet stabilisant de membrane. Vasodilatation périphérique, diminution du débit cardiaque, de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque. Troubles de la conduction, troubles du rythme (extrasystoles, tachycardie et fibrillation ventriculaire).

 Pharmacocinétique

- L’effet débute au bout de 3 minutes et se prolonge environ une heure et demie.

- Métabolisme hépatique (cytochrome P450).

- Elimination rénale.

 Présentation

- Flacons de 1 g/20mL (50 mg/mL).

- Livré avec des canules courtes ou longues.

- Chaque pulvérisation délivre 9 mg de lidocaïne.

 Administration

Anesthésie locale par contact : pulvérisation directe, ou sur une compresse placée sur la zone à anesthésier.

 Indications

Anesthésie locale des muqueuses buccopharyngées et/ou des voies aériennes supérieures, par pulvérisation avant intubation, petite chirurgie ORL, examens endoscopiques (en ORL, pneumologie, gastroentérologie).

 Contre-indications absolues

- Hypersensibilité à la lidocaïne ou à un excipient.

- Porphyrie.

- Muqueuse infectée et/ou inflammatoire et/ou lésée (augmentation du passage systémique).

- Enfant de moins de 6 ans (risque de convulsions).

 Contre-indications relatives

Épilepsie non équilibrée.

 Posologie adulte

10 à 25 pulvérisations (soit 90 à 225 mg de lidocaïne) : la dose dépend du type d’intervention et de l’anesthésie souhaitée.

 Posologie enfant de plus de 6 ans

- 2 à 4 mg/kg sans dépasser 200 mg soit 22 pulvérisations.

- Par exemple, enfant de 8 ans 27 kg, maximum 12 pulvérisations.

- Approximativement une pulvérisation pour 3 à 4 kg de poids corporel.

 Prise en charge du surdosage

- Stopper toute administration.

- Demander de l’aide.

1) Toxicité neurologique

* Oxygène à fort débit.

* Anticiper sur le matériel de contrôle des voies aériennes.

* Anticonvulsivants : midazolam 0,05 à 0,1 mg/kg (5 à 10 mg) ou thiopental 0,5 à 2 mg/kg (30 à 200 mg).

* Contrôle des voies aériennes et ventilation mécanique en cas de convulsions.

2) Toxicité cardiaque

* Surveillance prolongée (risque de récidive).

* Hypotension modérée : éphédrine, proclive.

* Si arrêt cardiaque, utiliser de faibles doses d’adrénaline (risque de renforcement du bloc) : 1 à 10 µg/kg.

* Ne pas utiliser d’amiodarone, ni d’atropine.

* Administrer une émulsion lipidique (Intralipides® 20% 3 mL/kg).

* Une réanimation prolongée peut être nécessaire et est justifiée.

 Précautions d’emploi

- Amorcer la pompe par trois à quatre coups.

- Il est indispensable de compter les pulvérisations.

- Chez l’enfant, il faut prévoir le nombre de pulvérisations avant de commencer.
Progresser de proche en proche.

- Au besoin demander au patient de recracher l’excédent de produit pour qu’il ne l’avale pas.

 Effets indésirables

- Réactions allergiques (tout type, mais rare).

- Confusion, convulsions.

- Tachycardie, hypotension artérielle. Bradycardie, bloc auriculo-ventriculaire, extrasytoles ventriculaires, tachycardie ventriculaire, fibrillation ventriculaire.

- Méthémoglobinémie, troubles de la coagulation.

 Associations à éviter

Bêta-bloquants.

 Associations à surveiller

- Amiodarone (augmentation des taux plasmatiques donc de la toxicité).

- Cimétidine (augmentation des concentrations plasmatiques).

- Neuroleptiques (abaisse le seuil épileptogène).


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