Campus numérique de médecine d'urgence

1997, par SFAR

Le syndrome d’embolie graisseuse

O Mimoz, P Incagnoli, A Édouard, K Samii

Conférences d’actualisation 1997

POINTS ESSENTIELS

· Le syndrome d’embolie graisseuse est une complication observée le plus souvent dans les suites d’un polytraumatisme incluant plusieurs fractures d’os longs.

· Sa fréquence est difficile à évaluer précisément en l’absence de moyen diagnostic de certitude ; dans la littérature, elle varie de 0,5 % à 30 % en fonction du bilan traumatique et des critères diagnostiques choisis.

· Il existe une prédominance nette des formes anatomiques (définies par la présence asymptomatiques de graisses dans les capillaires pulmonaires) sur les formes cliniques.

· Ce syndrome est secondaire à une obstruction des vaisseaux pulmonaires et systémiques par des emboles graisseux provenant initialement de la moelle osseuse, puis des graisses circulantes et du tissu adipeux de réserve ; l’obstruction vasculaire est secondairement aggravée par l’adhésion plaquettaire et la production de fibrine ; enfin, la libération d’acides gras libres à partir des graisses embolisées sous l’action de la lipase pulmonaire entraîne une toxicité tissulaire directe et par le biais de la cascade inflammatoire.

· Son diagnostic est souvent difficile du fait de sa présentation clinique polymorphe et de l’absence d’examen paraclinique spécifique. Dans sa forme complète (Triade de Gurd), il associe des manifestations respiratoires, neurologiques et cutanées. L’existence de formes fulminantes ou incomplètes peuvent être confondues avec d’autres pathologies post-traumatiques.

· L’utilisation de nouvelles techniques (lavage bronchoalvéolaire, échographie transoesophagienne, cathétérisme de l’artère pulmonaire) ont permis, sans obtenir de diagnostic de certitude, une meilleure appréhension du mécanisme physiopathologique de l’embolie graisseuse. Ces examens diagnostiques pourraient servir de base pour l’évaluation prospective de nouvelles modalités de traitement.

· Malgré les progrès réalisés, le traitement reste avant tout préventif, avec dès la prise en charge initial une attention toute particulière pour une immobilisation précoce, une analgésie optimale et un maintien de la volémie. La fixation chirurgicale précoce et ses modalités reste un sujet de controverse. Le traitement du syndrome constitué est purement symptomatique. L’apport des corticoïdes en traitement préventif ou curatif reste encore à évaluer.

· Le pronostic, le plus souvent favorable, est lié à l’atteinte respiratoire et/ou neurologique.

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