Campus numérique de médecine d'urgence

mardi 29 mars 2011, par Jean-François Marsan

Synthèse de la surveillance environnementale n°6

Synthèse des résultats des mesures de radioactivité dans le cadre de la surveillance
de l’impact à très longue distance des rejets de l’accident de Fukushima

(29 mars 2011 - 20h00)

La présente synthèse commente les derniers résultats acquis par l’IRSN dans le cadre de son plan de surveillance mise en place en France métropolitaine et en outremer, suite à l’accident de Fukushima. Une information est également donnée sur les résultats communiqués par les exploitants réalisant des mesures de surveillance autour de leurs installations.

Le dispositif général de la surveillance est présenté dans la note du 29 mars 20111.


La détection d’iode 131 sur un prélèvement de particules atmosphériques effectué dès le 24
mars au sommet du Puy de Dôme, a constitué le premier indice de la présence en France de
radionucléides rejetés lors de l’accident de Fukushima (synthèse n°3 du 26 mars). D’autres
détections similaires sur de prélèvements effectués les 25, 26 et 27 mars à Orsay, Cherbourg,
Le Vésinet et Cadarache ont confirmé une présence généralisée de trace d’iode 131 en France
(voir synthèses n°4 et 5). Les nouveaux résultats obtenus par l’IRSN ou transmis par certains
exploitants d’installations nucléaires (Marine nationale, CEA) confirment la persistance d’iode
131 dans l’air en France les 27 et 28 mars, à des concentrations variant entre 0,041 et 0,41
mBq/m3 (iode 131 sous forme d’aérosols), comparables à celles des jours précédents. De l’iode
131 sous forme gazeuse a également été mesuré par l’IRSN sur un prélèvement effectué au
Vésinet (0,510 Bq/m3), ainsi que par l’Institut Laue-Langevin à Grenoble (0,156 Bq/m3). Ce
radionucléide a également été mesuré dans deux échantillons d’eau de pluie collectés au
Vésinet (1,73 Bq/L) et à Orsay (0,246 Bq/L) le 27 mars, ainsi que dans deux échantillons
végétaux prélevés au Vésinet (2,17 Bq/kg) et Gréoux-les-Bains (0,621 Bq/kg frais). Les
concentrations d’iode 131 mesurées en France dans les différents milieux surveillés
correspondent sont très faibles et ne présentent aucun danger environnemental ou sanitaire,
même en cas de persistance sur plusieurs jours.

* * *

 1. SYNTHESE DES RESULTATS DE MESURE DE L’IRSN EN FRANCE (METROPOLE ET OUTREMER)

1.1. Surveillance en temps réel de la radioactivité ambiante

Au cours du 28 mars, aucune élévation anormale de la radioactivité gamma ambiante n’a été
détectée sur l’ensemble des sondes du réseau Téléray de l’IRSN (Métropole et DROM-COM).

La figure suivante synthétise par région les valeurs mesurées par ce réseau le 28 mars et les
compare aux valeurs moyennes observées sur le dernier mois. Le débit de dose mesuré, qui peut
varier d’un lieu à l’autre, correspond au rayonnement émis par les éléments radioactifs naturels
présents dans l’air ou dans le sol ainsi qu’au rayonnement cosmique traversant l’atmosphère. En un
lieu donné, le rayonnement mesuré peut également fluctuer au cours du temps en fonction des
variations de concentration des éléments radioactifs naturels dans l’air, qui dépend des conditions
météorologiques du moment. Ces variations temporelles sont normales et constituent le « bruit de
fond » de la radioactivité naturelle.

Pour consulter les mesures en temps réel ainsi que les chroniques des jours précédents :
www.irsn.fr

1.2. Surveillance par prélèvements pour mesure en laboratoire



Les analyses réalisées à ce jour (29 mars) sur les prélèvements les plus récents effectués par
l’IRSN (annexes 1 et 2) indiquent que :

- des traces d’iode 131 (0,23 à 0,41 mBq/m3) ont été mesurées sur des prélèvements de
particules atmosphériques réalisés entre le 27 et le 28 mars par les stations de l’IRSN
installées en région Parisienne (Orsay et le Vésinet) et à Cherbourg. Elles confirment la
présence en France d’éléments radioactifs rejetés lors de l’accident de la centrale de
Fukushima.
Les autres radionucléides présents dans les rejets de l’accident de Fukushima,
notamment le césium 137, n’ont pas encore été détectés dans les prélèvements de
particules atmosphériques. La présence d’iode 131 en trace dans l’air, mesurée sous
forme particulaire à différentes stations depuis le 24 mars, est cohérente avec les
prévisions effectuées par l’IRSN avec l’aide de Météo France, notamment en délai et en
ordre de grandeur des concentrations dans l’air
 ;

- des traces d’iodes 131 sous forme gazeuse (0,51 mBq/m3) ont été détectées le 27 mars
sur un dispositif spécifique à la station IRSN du Vésinet
(cartouche de piégeage à charbon
actif) ;

- tous les résultats de mesure des prélèvements de particules atmosphériques effectués
sur les autres stations de l’IRSN sont inférieurs aux limites de détection
des appareils de
mesure utilisés ;

- la présence d’iode 131 dans l’eau de pluie prélevée à la station du Vésinet entre le 26
et le 27 mars est confirmée par la détection d’iode 131 à Orsay le même jour (0,25
Bq/L)
. Cette activité, résultant du lessivage des masses d’air par la pluie, est cohérente
avec les niveaux mesurés dans l’atmosphère (aérosols et gaz) ;

- sur les 11 derniers prélèvements de végétaux et de lait réalisés entre le 25 et le 28 mars
2011 en métropole, 2 prélèvements d’herbes du 28 mars présentent une activité en
iode 131
 : Gréoux-Les-Bains (0,62 Bq/kg frais) et le Vésinet (2,17 Bq/kg frais). Cette
activité est à mettre en relation avec les dépôts au sol mesurés sur une parcelle du Vésinet
(environ 4 Bq/m2 estimé le 28 mars).

Les niveaux d’activités mesurés dans l’air et les végétaux seront éventuellement affinés dans
les prochains jours par des mesures de plus longue durée.

 2. RESULTATS DE MESURE COMMUNIQUES PAR LES AUTRES ACTEURS DE LA SURVEILLANCE

Les derniers résultats d’analyses communiqués par les différents exploitants au 29 mars
confirment les niveaux d’activité en iode 131 détectés par l’IRSN dans les aérosols
atmosphériques (annexe 3) : entre 0,04 Bq/m3 à Cadarache et 0,28 Bq/m3 à Grenoble le 26 mars.

Des traces de césium 134 ont été détectées par l’Institut Laue-Langevin à Grenoble le 26 mars sur
un filtre aérosol (0,05 Bq/m3). Ce radionucléide n’a pas encore été mis en évidence dans les autres
lieux de prélèvement.


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Identifiants personnels
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document