Campus numérique de médecine d'urgence

samedi 26 mars 2011, par Jean-François Marsan

Synthèse de la surveillance environnementale n°2

Synthèse des résultats des mesures de la radioactivité dans le cadre de la
surveillance de l’impact à très longue distance des rejets de l’accident de
Fukushima

(25 mars 2011 - 12h00)

Dans le cadre du dispositif de surveillance de l’impact à très longue distance des rejets radioactifs
de l’accident de Fukushima, l’IRSN présente une synthèse des résultats des mesures de
radioactivité qu’il effectue en France métropolitaine et en outremer. Le dispositif de surveillance
en place est présenté dans les cartes en annexe. Cette synthèse sera actualisée régulièrement en
fonction des nouveaux résultats obtenus.

La présente synthèse commente les résultats acquis par l’IRSN à ce jour sur les mesures et
prélèvements effectués dans le cadre de son plan de surveillance. Une information est également
donnée sur les résultats publiés dans d’autres pays.

 1. SYNTHESE DES RESULTATS DE MESURE EN FRANCE (METROPOLE ET OUTREMER)

1.1. Surveillance en temps réel de la radioactivité ambiante

Le réseau Téléray est constitué de 170 sondes fixes (dont 7 en outremer) qui mesurent en
permanence l’intensité du rayonnement gamma ambiant, exprimée en débit de dose (en
nanosievert par heure – nSv/h).

Ces mesures sont transmises en temps réel au centre de supervision
de l’IRSN au Vésinet (78).

Au cours des 23 et 24 mars, aucune élévation anormale de la radioactivité gamma ambiante n’a
été détectée sur l’ensemble des sondes du réseau Téléray de l’IRSN (Métropole et DROM-COM).

La figure suivante synthétise par région les valeurs mesurées par ce réseau le 24 mars et les
compare aux valeurs moyennes observées. Le débit de dose mesuré, qui peut varier d’un lieu à
l’autre, correspond au rayonnement émis par les éléments radioactifs naturels présents dans l’air ou
dans le sol ainsi qu’au rayonnement cosmique traversant l’atmosphère. En un lieu donné, le
rayonnement mesuré peut également fluctuer au cours du temps en fonction des variations de
concentration des éléments radioactifs naturels dans l’air, qui dépend des conditions
météorologiques du moment. Ces variations temporelles sont normales et constituent le « bruit de
fond » de la radioactivité naturelle.

Moyennes régionales du débit de dose ambiant mesuré le 24 mars par le réseau Téléray, comparées à la
moyenne des résultats mesurés au cours des 30 derniers jours (moyenne du mois)

Pour consulter les mesures en temps réel ainsi que les chroniques des jours précédents :
www.irsn.fr

1.2. Surveillance par prélèvements pour mesure en laboratoire

Un plan de surveillance environnementale spécifique a été mis en place en France (métropole et
outremer) pour détecter et caractériser la présence d’éléments radioactifs rejetés lors de
l’accident de la centrale de Fukushima. Ce plan s’inscrit dans le cadre de la mission permanente de
l’IRSN de surveillance de la radioactivité du territoire national (23 000 prélèvements analysés par
an).

Il a pour objectif d’évaluer la présence dans l’air d’éléments radioactifs sous forme de particules en
suspension (aérosols) et d’iode radioactif (iode 131 notamment), ainsi que de suivre leur devenir
dans l’environnement et leur impact éventuel sur la chaîne alimentaire (végétaux à feuilles et lait).
Compte tenu des caractéristiques de la dispersion à très longue distance des polluants radioactifs
rejetés lors de l’accident de Fukushima, les concentrations dans l’air devraient être relativement
homogènes à l’échelle du pays. Les zones et les types de prélèvements sélectionnés par l’IRSN (voir
les cartes de l’annexe 1) permettent de disposer d’une représentation satisfaisante de la situation
générale en France (métropole et outremer).

Pour ce plan, les modalités de prélèvements d’échantillons collectés dans l’environnement
(aérosols, eaux de pluie, végétaux à feuilles et lait) et de mesure ont été adaptées afin d’être en
mesure de détecter les concentrations très faibles susceptibles d’atteindre l’ensemble du territoire
français (métropole et DROM-COM). Ces prélèvements et ces mesures sont réalisés par les propres
moyens de l’IRSN, qui dispose de laboratoires spécialisés en métropole et en Polynésie. L’Institut
s’appuie également sur des correspondants locaux des services déconcentrés de l’Etat en métropole
et dans les DROM, pour lui fournir certains échantillons à mesurer.

Les analyses réalisées à ce jour sur les prélèvements les plus récents effectués par l’IRSN
indiquent que :

- pour les aérosols prélevés dans l’air entre le 22 et 23 mars, tous les résultats
concernant les radionucléides artificiels sont inférieurs aux limites de détection des
appareils de mesure utilisés ;

- seuls 2 échantillons de lait (chèvre et vache) prélevés le 21 mars présentent des traces
de césium 137 (0,12 à 0,14 Bq/L respectivement).

Ces traces sont habituellement
observées dans ce type de produit et résultent de la persistance dans les sols et dans les
végétaux de césium 137 déposés à la suite des essais nucléaires en atmosphère et de
l’accident de Tchernobyl.

Les résultats des mesures acquises pour les prélèvements effectués entre le 21 et le 23 mars sont
présentés en annexe 2.

 2. RESULTATS DE MESURE PUBLIES DANS D’AUTRES PAYS

Des résultats de mesure ont été publiés au États-Unis par l’agence de protection de
l’environnement (EPA - http://www.epa.gov/japan2011/). Ils mettent en évidence de faibles traces de
produits radioactifs rejetés lors de l’accident de Fukushima, détectés sur des filtres de
prélèvements de poussières atmosphérique en Californie (San-Francisco, Riverside, Anaheim) et
dans l’état de Washington (Seattle) sur la côte ouest. Les radionucléides identifiés sont l’iode 131,
le tellure 132, l’iode 132 et le césium 137. Les concentrations mesurées le 18 mars pour ces
éléments sont de quelques dixièmes de mBq/m3 ou plus faibles.

En Scandinavie, de l’iode 131 a été mesuré dans l’air à Stockholm, Umeå et Kiruna (Suède), à une
concentration inférieure à 0,30 mBq/m3, ainsi qu’en Finlande (moins de 1 mBq/m3) et en Allemagne
(0,33 mBq/m3 pour l’ensemble des radionucléides artificiels détectés), pour des prélèvements
effectués entre le 22 et le 23 mars.

Ces résultats sont cohérents, en termes de date et d’ordre de grandeur, avec les prévisions
effectuées par Météo France à l’échelle mondiale, en collaboration avec l’IRSN. Ils confirment en
particulier qu’en Europe, les éléments radioactifs dispersés arrivent par le Nord, comme le
prévoyait la modélisation de Météo France.

 ANNEXES

Annexe 1 : Plan général de la surveillance radiologique de l’environnement
français en métropole et dans les DROM-COM pour surveiller l’impact des rejets
de l’accident de Fukushima

Détail du plan de surveillance radiologique de l’environnement français en
métropole (compartiment terrestre) pour surveiller l’impact des rejets de
l’accident de Fukushima

Détail du plan de surveillance radiologique de l’environnement français en
métropole (compartiment atmosphérique)

Annexe 2 : Résultats de mesure obtenus par l’IRSN dans le cadre du plan
spécifique de surveillance de l’impact en France des rejets de l’accident de
Fukushima

Bilan des derniers résultats de mesure de l’IRSN au 24/03/2011

Ce tableau est consultable dans document complet à télécharger ci-dessous

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