Campus numérique de médecine d'urgence

mardi 22 mars 2011, par Jean-François Marsan

Situation des installations nucléaires au Japon suite au séisme
majeur survenu le 11 mars 2011

 Centrale de Fukushima I (Daiichi)

Depuis le précédent point d’information du 21 mars 2011 à 15h00 sur la situation de la centrale de
Fukushima Daiichi, les informations obtenues par le centre technique de crise de l’IRSN permettent
d’établir l’état suivant des installations.

Les réacteurs n°1, 2 et 3 restent dans un état particulièrement critique en l’absence de source de
refroidissement pérenne. Un dégagement, non expliqué, de fumée noire sur le bâtiment du
réacteur n°3 a été constaté dans l’après-midi du 21 mars à 16h heure locale s’est arrêté à 18h
heure locale. Ensuite, à 18h20, une vapeur blanche a été observée s’échappant du toit du
réacteur n°2. Ce dégagement de vapeur est toujours présent actuellement, le 22 mars à 14h
heure locale.

Réalimentations électriques

Sur la réacteur n°2, l’alimentation électrique est disponible.

Le réacteur n°1 est réalimenté depuis hier à partir du réseau électrique commun aux réacteurs 1 et
2 mais aucun équipement n’a été mis en service.
Le caractère opérationnel des matériels est toujours en cours de vérification. La priorité est donnée
à la mise en service de la salle de commande et du système de refroidissement du réacteur.

Les réacteurs 5 et 6 sont de nouveau alimentés par le réseau électrique externe en complément des
deux générateurs.

État des bâtiments

Le document en annexe résume l’état des bâtiments sur le site.

État des piscines

Piscine du réacteur n°1

La puissance à évacuer est faible. La mise en œuvre d’un système d’appoint en eau, autre que par
camion-lance, ainsi que la faisabilité de la remise en service de son système de refroidissement sont
en cours d’examen. La température de la piscine serait de l’ordre de 60°C le 20 mars (mesure
infrarouge par hélicoptère).

Piscine du réacteur n°2

Un appoint de l’ordre de 40 tonnes d’eau de mer a été injecté directement dans la piscine. Par
ailleurs, la faisabilité de la remise en service de son système de refroidissement est en cours
d’examen. La température de la piscine est de l’ordre de 50°C le 21 mars.

Piscine du réacteur n°3

De l’ordre de 3200 tonnes d’eau a été projeté sur le bâtiment par les camions-lance durant les deux
derniers jours. Le volume encore disponible de la piscine de ce réacteur semble entièrement
rempli. La température de la piscine serait de l’ordre de 60°C le 20 mars (mesure infrarouge par
hélicoptère).

Piscine du réacteur n°4

De l’ordre de 180 tonnes d’eau a été projeté sur le bâtiment par les camions-lance durant les deux
derniers jours. La température de la piscine serait de l’ordre de 40°C le 20 mars (mesure infrarouge
par hélicoptère).

Piscine du réacteur n°5

La température de l’eau de cette piscine est contrôlée (42°C le 21/03). Le refroidissement a été
rétabli grâce à un groupe électrogène. Le niveau d’eau est contrôlé. Le toit du bâtiment a été percé
pour éviter une éventuelle combustion d’hydrogène comme sur le bâtiment n°4.

Piscine du réacteur n°6

La température de l’eau de cette piscine est contrôlée (36°C le 21/03). Le refroidissement a été
rétabli grâce à un groupe électrogène. Le niveau d’eau est contrôlé. Le toit du bâtiment a été percé
pour éviter une éventuelle combustion d’hydrogène comme sur le bâtiment n°4.
Piscine de désactivation commune du site
Cette piscine contiendrait de l’ordre de 6500 assemblages. Bien que la puissance unitaire dégagée
par ceux-ci soit nettement plus faible que celle dégagée des assemblages présents dans les piscines
des réacteurs, ils doivent néanmoins être également refroidis. Une opération de projection d’eau
sur cette piscine a été menée le 21 mars.

État des réacteurs

L’IRSN reste préoccupé par le risque de cristallisation du sel injecté avec l’eau de mer dans les
cuves des réacteurs (corrosion, impact sur le refroidissement des cœurs, risque de blocage de
soupapes…). De manière générale, il conviendrait de reconstituer des réserves d’eau douce sur
le site. Par ailleurs, s’agissant des réacteurs n° 1, 2 et 3, l’IRSN ne dispose pas d’informations
suffisamment détaillées sur les installations (niveau d’eau dans la cuve, pression dans la cuve et
dans l’enceinte, débit injecté) qui permettraient d’expliquer les évolutions constatées.

Réacteur n°1

Selon l’exploitant, 70 % du cœur du réacteur serait endommagé. L’injection d’eau de mer dans la
cuve serait maintenue afin d’assurer le refroidissement du cœur qui reste cependant partiellement
dénoyé (1,8 m). L’eau contenue dans la cuve se décharge dans l’enceinte de confinement via une
soupape. L’enceinte de confinement est maintenue intègre. Les opérations de dépressurisation de
l’enceinte de confinement ne sont actuellement plus nécessaires. Il n’y aurait donc plus de rejet
direct de produits radioactifs dans l’environnement pour l’instant. Ceci est néanmoins à confirmer
dans la mesure où l’enceinte n’est pas refroidie.
La partie supérieure du bâtiment réacteur a été soufflée par une explosion.

Réacteur n°2

Selon l’exploitant, 33 % du cœur du réacteur serait endommagé. L’injection d’eau de mer dans la
cuve est maintenue afin d’assurer le refroidissement du cœur qui reste cependant partiellement
dénoyé. L’enceinte de confinement est endommagée, toutefois il ne semble pas que l’étanchéité
soit remise en cause. Les opérations de dépressurisation de l’enceinte de confinement ne sont
actuellement plus nécessaires. Il n’y aurait donc plus de rejet direct de produits radioactifs dans
l’environnement pour l’instant. Ceci est néanmoins à confirmer dans la mesure où l’enceinte n’est
pas refroidie.
Un relâchement de vapeur survenu en fin d’après-midi le 21 mars est toujours présent, sans qu’une
explication ne soit fournie. Ce relâchement pourrait être à l’origine de rejets vus sur une balise de
site. L’IRSN n’est pas en mesure, à ce stade, de déterminer si cette vapeur provient de la piscine,
du réacteur ou d’une autre source.

Réacteur n°3

Le cœur du réacteur est partiellement endommagé. L’injection d’eau de mer dans la cuve serait
maintenue afin d’assurer le refroidissement du cœur qui reste cependant partiellement dénoyé. La
vapeur produite dans la cuve au contact du combustible s’évacue dans l’enceinte de confinement
qui semble toujours étanche (sous réserve compte tenu des dégagements récemment constatés et
des évolutions de pression dans cette enceinte). Les opérations de dépressurisation de l’enceinte de
confinement ne sont actuellement plus nécessaires selon les autorités japonaises Il n’y aurait donc
plus de rejet direct de produits radioactifs dans l’environnement pour l’instant. Ceci est néanmoins
à confirmer dans la mesure où l’enceinte n’est pas refroidie.
La partie supérieure du bâtiment réacteur avait été soufflée par une explosion.

Réacteur n°4

La partie supérieure du bâtiment est endommagée.

Réacteurs n°5 et 6

Le cœur de chacun de ces réacteurs est chargé en assemblages combustibles. Une injection d’eau
dans ces cuves est maintenant en cours par un système normal. La pression, la température et le
niveau à l’intérieur de la cuve sont maitrisés. Ces réacteurs disposent de deux groupes électrogènes
et d’une source électrique externe.

 Centrale de Fukushima II (Daini)


Réacteurs n° 1, 2, 3, 4

Sur ce site, les réacteurs n° 1, 2, 3 et 4 ont atteint les conditions d’arrêt normales (appelées « arrêt
à froid »). Aucune dégradation du combustible n’a eu lieu sur ces réacteurs.

 Centrales d’Onagawa et de Tokai

Il n’y a pas d’élément particulier à signaler.

PDF - 366.6 ko

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Identifiants personnels
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document