Campus numérique de médecine d'urgence

lundi 21 mars 2011, par Jean-François Marsan

L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi :

L’exploitant poursuit ses efforts pour maintenir des moyens provisoires de refroidissement et rétablir l’alimentation électrique du site.
L’évolution de la situation demeure incertaine.

I. Situation de la centrale de Fukushima

Le maintien d’un niveau minimum d’eau dans les piscines reste une priorité. Les piscines des réacteurs n°3 et 4 font l’objet de manière intermittente d’aspersion massive d’eau de mer à l’aide d’un canon à eau. La piscine du réacteur n°2 aurait également été refroidie ponctuellement par injection d’eau de mer.

La situation des coeurs des réacteurs 1, 2 et 3 reste identique à celle des derniers jours. L’injection d’eau de mer se poursuit mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. De nouvelles décompressions volontaires des enceintes de confinement conduisant à des rejets radioactifs sont toujours envisagées.

L’exploitant TEPCO poursuit ses efforts pour rétablir l’utilisation des moyens plus robustes de refroidissement. Une ligne électrique à haute tension a pu être posée jusqu’à la centrale. Les réacteurs n°1, n°2, n°5 et n°6 ont pu être connectés au réseau, mais les équipements électriques doivent faire l’objet de vérifications avant d’envisager leur branchement. Ces vérifications pourraient prendre plusieurs jours.

Les conditions de travail demeurent difficiles du fait du niveau de rayonnement sur le site. Ainsi, à 500 mètres du réacteur n°3, les débits d’équivalents de dose évoluent peu, restant supérieurs à 2 mSv/h, obligeant les opérateurs à limiter au maximum leur présence.

II. Conséquences radiologiques de l’accident

Les rejets ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux. Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises dans la région de Fukushima indiquent une contamination en Iode 131 et en césium de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards. L’importance et la localisation des zones concernées par ces contaminations ne sont pas encore connues.

Le 16 mars, l’évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale a été mise en œuvre et les autorités japonaises ont maintenu la demande de mise à l’abri de la population dans un rayon de 30 km. Pour rappel, le survol de cette zone avait été interdit le 15 mars.

La météo indique que les vents s’orientent désormais vers les terres. La pluie annoncée peut conduire à concentrer localement les dépôts de radioactivité au sol.

Les rejets radioactifs se poursuivent. Quelle que soit l’évolution de la situation, le Japon aura à gérer, dans la durée, les dépôts de radioactivité consécutifs à ces rejets.

La radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. La présence d’iode 131 a été mise en évidence dans le réseau d’eau potable de la région de Tokyo, mais avec une très faible concentration ne présentant pas de risque pour la santé.

Enfin, des modélisations ont été faites par l’IRSN sur la diffusion du panache radioactif dans l’hémisphère nord. Selon l’IRSN, les retombées radioactives sur l’ensemble du territoire français seront sans conséquences sanitaires et environnementales.


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