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Toilette et préparation d’un patient décédé avant son départ à la chambre mortuaire

vendredi 1er juillet 2005, Auteur(s): SAU Cochin-StVP

 Objet :

La préparation du corps d’un patient décédé est un soin au cours duquel le respect et la dignité du défunt vont permettre de donner une image plus « supportable » à sa famille. Après l’annonce du décès, le premier contact entre la famille et leur proche permet d’amorcer le « travail de deuil » en respectant les croyances et les valeurs des personnes décédées et de leur famille Nous pouvons en tant que soignants donner au défunt une image la plus proche de celle à laquelle sa famille peut s’attendre.

La toilette est un geste qui s’intègre dans la continuité du soin

La toilette effectuée dans une unité de soins est à différencier de la toilette réalisée à la chambre mortuaire qui permet la pratique sur place des différents rites à caractère religieux

 Matériel :

  • tablier jetable
  • gants à usage unique non stériles
  • un sac poubelle « « dasri »
  • une boite d’évacuation des objets contondants
  • savon doux
  • gant de toilette à usage unique
  • serviette de toilette à usage unique

 Personnel :

La toilette du défunt est réalisée par deux personnes : une IDE et une AS

 Déroulement du soin :

Le patient décédé est installé ou maintenu dans une chambre seule

  • retirer vêtements, prothèses auditives, lunettes (effectuer un inventaire )
  • fermer les yeux du patient , si nécessaire, utiliser un tampon oculaire sec,(éviter de mettre du sparadrap)
  • retirer les bijoux et les déposer au coffre central des admissions de l’hôpital (si l’alliance ne peut être enlevée, il est préférable de la laisser sur le corps en prenant soin de le signaler sur la fiche de liaison de la chambre mortuaire)
  • retirer tout matériel invasif :perfusion, sonde urinaire …
  • retirer les pansements , les plâtres…
  • effectuer une toilette complète avec de l’eau et du savon
  • nettoyer et replacer les prothèses dentaires, afin de rendre au visage sa forme habituelle (le noter sur la fiche de liaison avec la chambre mortuaire)
  • effectuer une réfection complète de tous les pansements et renforcer les pansements occlusifs
  • suturer(médecin) s’il y a lieu des plaies ouvertes
  • comprimer les points de ponction
  • changer les poches d’orifices(anus artificiel, urétérostomie)
  • mettre en place un change complet à usage unique (« couche »)afin d’éviter les fuites
  • procéder à une coiffure la plus adaptée

 Recommandations :

Il est préférable de ne pas raser le patient défunt ( ce geste sera réalisé secondairement par les aide soignants de la chambre mortuaire).

Afin de respecter certains rites et coutumes, il est recommandé de mettre les bras du patient le long du corps.

  • installer le défunt sans vêtement dans un drap propre en tissu
  • mettre un bracelet d’identification au poignet (nom, prénom, date de naissance, date et heure du décès )
  • recouvrir le corps avec un drap qui sera ensuite noué autour de la tête et des pieds( après le départ de la famille )
  • maintenir la cavité buccale fermée en mettant un drap « roulé » sous le menton et en inclinant légèrement la nuque vers l’avant
  • mettre si nécessaire une bande de gaze autour de la mâchoire mais seulement après le départ des familles
  • déposer en évidence la fiche d’identification remplie du corps sur le drap
  • remplir la fiche de liaison et préciser si le patient est porteur d’une chambre implantable ou d’un pace maker.

Le corps du défunt peut rester dans l’unité dans un délai de deux à six heures avant d’être conduit à la chambre mortuaire (ce délai peut être étendu jusqu’à dix heures maximum selon les cas) Chaque situation est à apprécier par les soignants en fonction des situations , des familles et du contexte .

 Quelques informations à propos de certains rituels…

Dans certaines confessions, la toilette peut être réalisée à la chambre mortuaire par une personne de la famille du même sexe que le défunt ou par l’imam (culte islamique) Le consistoire israélite effectue une toilette rituelle à la chambre mortuaire accompagné d’un rabbin pour les prières L’aumônier pratique une bénédiction, des prières avec la famille (religion catholique) Le pasteur effectue une lecture de la bible ,pratique une onction d’huile au défunt (religion protestante) Un bonze effectue prières et différents rites (le défunt est habillé de sept tenues et une pièce est déposée dans sa bouche pour » le passage dans l’au -delà »(religion bouddhiste)

La famille peut à tout moment si elle le souhaite bénéficier de l’assistance d’un ministre du culte (la liste et les coordonnées sont intégrées dans le classeur « décès »)

 TABLEAU DE VALIDATION :

infoNOMFONCTIONDATE
Rédigée par : Anne TISSIER Cadre Infirmier du SAU Juin 2005
Vérifiée par : Aline DORDONNAT et Marie-Madeleine BREMAUD Cadre Expert et Cadre Infirmier de la Chambre Mortuaire Juin 2005

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2 Messages de forum

  • Bonjour,
    Je suis étudiant en soins infirmiers dans le sud de la France et ancien thanatopracteur. Je souhaiterais apporter ma pierre à votre protocole de toilette mortuaire.
    Merci de ne JAMAIS entourer le visage du défunt d’une bande afin de lui fermer la bouche quitte à la laisser ouverte. En effet les tissus du visage seront irrémédiablement et définitivement déformés, même un soin de conservation spécifique à la tête du défunt n’enlèveront pas ce masque caractéristique. Par contre, une bouche ouverte est aisée à fermer en chambre mortuaire.
    Pour fermer la bouche avec "les moyens du bord", préférer une technique qui consiste à confectionner 2 boudins avec des draps pliés. 1 sera placé sous l’occiput du défunt afin de le mettre en situation d’hyper-flexion cervicale. Le second sera placé en long sur le thorax et appuyant sur le menton.
    Merci de m’avoir lu et de penser aux familles dont certaines ne reconnaissent plus les traits du visage de leur proche disparu à cause d’un bandage en "œuf de pâques".

    Répondre à ce message

    • Pardon, j’oubliais un détail.
      Je pense qu’il est inutile de déplacer un médecin pour suturer une plaie sur un défunt tout comme il est inutile de la suturer tout court. Il suffit de l’emballer dans un film plastique étirable en faisant un circulaire autour de la section corporelle concernée. Cette "astuce" est peu onéreuse, réunit de nombreux avantages pour la prise en charge ultérieure du défunt, évite un geste potentiellement dangereux pour l’opérateur et prévient tout écoulement intempestif.
      Encore une fois merci.

      Répondre à ce message

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