- Dr Stéphanie Gestin (SAU Cochin)
- Dr Frédéric Prat (Gastro-entérologie Cochin)
- Dr Jean-Christophe Allo (SAU Cochin)
1) Messages importants :
- La douleur abdominale souvent intense est présente dans 100% des cas. Un début aigu, épigastrique, transfixiant dans le dos à type de coup de poignard est plus souvent en faveur d’une origine biliaire. Les pancréatites alcooliques peuvent avoir un début plus progressif et la douleur moins localisée.
- la douleur abdominale peut-être associée à des nausées, vomissements, un ictère, une fièvre, une ascension et/ou une pleurésie (gauche le plus souvent), une ecchymose de l’ombilic, du flanc et de l’aine (illustration 1) : signe de Cullen ou taches de Gray Turner qui sont caractéristiques mais rares et dues à la dissection hématique des muscles de l’abdomen dans les formes hémorragiques et à des signes de choc.
- Associé à un contexte clinique évocateur un taux de lipasémie >ou égal à 3 fois la Nle est considéré comme une valeur significative pour le diagnostic de pancréatite aiguë. Son augmentation débute en 4 à 8 h après le début des symptômes avec un pic à la 24e heure et retourne à des valeurs normales dans un délai de 8 à 15 jours. Ce taux peut ne pas être atteint en cas d’évaluation trop précoce (jusqu’à 20% lors de l’admission des patients dans certaine série). Inversement un taux élevé doit être interprété avec précautions en cas de symptomatologie non évocatrice (toute pathologie abdominopelvienne aigue peut s’accompagner d’une ascension de la lipasémie).
- Si 80% des pancréatite sont d’évolution bénigne 20% développe une maladie sévère du fait de complications locales et/ou systémiques (choc et défaillance multiviscérale). La mortalité des formes sévères de pancréatite est environ 10 %.
- L’incidence de la pancréatite aigue est en augmentation (33 à 44/100 000 adultes).
2) Etiologies
- Dans environ 80% des cas l’origine est soit lithiasique (38%) soit alcoolique (36%). Il est a noter qu’à l’inverse la pancréatite est un événement relativement rare dans ces 2 populations (10% pour la population des alcooliques chroniques). Une ascension des ALAT fait suspecter une origine biliaire mais il faut noter que les enzymes hépatiques sont normales dans 15 à 20 % des cas de pancréatite biliaire.
- Les autres causes comprennent les causes métaboliques (hypertriglycéridémie et hypercalcémie), les obstructions canalaires (tumorale, parasitaire, constitutionnelle), médicamenteuse (annexe 1), traumatiques (externe, geste endoscopique), immunologiques (Sjögren, lupus, CBP) et génétiques (anomalies du gène CFTR, SPINK1, PRSS1).
- Dans environ 15 à 25 % des cas l’origine reste indéterminée.
2) Appel téléphonique ou courrier électronique
- Réponse par le sénior.
- Si signes de gravité, conseiller l’appel du 15 pour transport médicalisé.
- Orienter vers urgences les plus proches.
3) Tri IAO
- Niveau 1 : signes de gravité hémodynamiques (hypotension, tachycardie, sueurs, marbrures) ; respiratoire, neurologique.
- Niveau 2 : les autres cas.
4) Prise en charge en Box
- Niveau 1 : DECHOCAGE.
- Niveaux 2 : BOX D’EXAMEN.
Pancréatite aiguë
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Mise en condition :
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Règles de prise en charge :
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5) Unité d’observation/USR
- Selon gravité initiale et/ou évolutive
6) Orientation
Réanimation médicale ou chirurgicale :
- pancréatite aiguë grave.
Service de gastroentérologie ou de chirurgie viscérale
- pancréatite aiguë non grave
Sortie :
- En règle jamais (les patients ressortent d’hospitalisation une fois les douleurs contrôlées par des antalgiques oraux après avoir repris une alimentation orale).
7) Bibliographie
- Ayub K, Imada R, Slavin J. Endoscopic retrograde cholangiopancreatography in gallstone-associated acute pancreatic. Cochrane Database Syst Rev 2004 ;4 CD003630.
- Whitcomb DC. Acute Pancreatitis. New Engl J Med 2006 ; 354:2142-50.
- Papachristou GI, Whitcomb DC. Predictors of severity and necrosis in acute pancreatitis. Gastroenterol Clin North Am 2004 ; 33:871-90.
- Frossard JL, Steer ML, Pastor CM. Acute Pancreatis Lancet 2008 ; 371:143-152.
- Mookadam F, Cikes M. Cullen’s and Turner’s Signs. N Engl J Med 2005 ; 353:1386.
8) Annexes
| Classe I | asparaginase, pentamidine, azathioprine, steroides, cytarabine, sulfamethoxazole-trimethoprim, didanosine, furosemide, sulfasaline, mesalazine, sulindac, mercaptopurine, tetracycline, opiacés, acide valproic, oestrogenes |
| Classe II | paracetamol, hydrochlorothiazide, carbamazepine, interferon, cisplatine, lamivudine, cyclopenthiazide, octreotide, enalapril, phenformine, erythromycine, rifampicine |
| (score > ou égal à 3 pancréatite sévère) |
| Age > 55 ans |
| Hyperleucocytose > 16000/mm3 |
| Glycémie > 10 mmol/l (en dehors du diabète) |
| LDH > 350 UI/l (1,5 fois la nle) |
| ASAT > 250 UI/l (6 fois la nle) |
| (score > ou égal à 3 pancréatite sévère) |
| Age > 55 ans |
| Hyperleucocytose > 15000/mm3 |
| Glycémie > 10 mmol/l (en dehors du diabète) |
| LDH > 600 UI/l (3,5 fois la nle) |
| ASAT > 100 UI/l (6 fois la nle) |
| Urée > 16 mmol/l |
| Calcémie < 2 mmol/l |
| Pa O2 60 mmHg |
| Albuminémie < 32 g/l |
| (score scannographique + score de nécrose > à 6 = pancréatite sévère) |
| Grade A | Pancréas normal (0 point) |
| Grade B | Elargissement focal ou diffus du pancréas (1 point) |
| Grade C | Pancréas hétérogène associé à une densification de la graisse péripancréatique (2 points) |
| Grade D | Coulée péripancréatique unique (3 points) |
| Grade E | Coulées multiples ou témoignat d’une surinfection la présence de bulles de gaz au sein d’une coulée (4 points) |
| Pas de nécrose (0 point) |
| Nécrose d’un tiers de pancréas (2 points) |
| Nécrose de la moitié du pancréas (4 points) |
| Nécrose de plus de la moitié du pancréas (6 points) |

- Les signes de Cullen et de Turner témoignent de la présence d’une hémorragie rétropéritonéale diffusant pour le premier vers la région ombilicale par le biais du ligament falciforme et pour le second par la diffusion de l’hématome de l’espace pararénal vers les flancs a travers les fascias du muscle quadratus lumborum. Ces signes présents chez environ 3% des patients des patients hospitalisés pour pancréatite sont associés a une mortalité dans 37 porcent des cas. Ils ne sont pas spécifiques de la pancréatite.

Illustration 2 :
- Coulées nécrotiques coupes scannographiques image à venir



